Népal: Etablir une compréhension mutuelle entre les hommes et les femmes pour promouvoir des vies exemptes de violence

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« Mon mari me violait presque tous les jours » explique une femme du district népalais de Makwanpur, une des régions du pays les plus touchées par le VIH et le sida. « Il pensait à tort que c'était son droit d'avoir une relation sexuelle avec sa femme quand il le désirait ».

Son histoire n'est pas isolée. Au Népal, les femmes sont parmi les plus exposées aux nouvelles infections au VIH. Piégées dans un cycle de violence et d'abus, leur incapacité à négocier des pratiques sexuelles sans risques et à refuser des relations sexuelles non désirées contribue à leur vulnérabilité. Selon le Centre national pour le contrôle du sida et des MST au Népal, les femmes au foyer comptent pour 74% du total des cas déclarés de VIH chez les femmes - un grand nombre d'entre elles sont également épouses de travailleurs migrants ou femmes de clients des travailleuses de l'industrie du sexe.

Oeuvrant à lutter contre ce problème, Equal Access - aidé par une subvention sur trois ans du Fonds d'affectation spéciale des Nations Unies pour mettre fin à la violence contre les femmes - a lancé au Népal le programme de radio Samajhdari, en vue de renforcer la sensibilisation sur la question, de mettre les intéressées en contact avec les services appropriés et d'encourager l'action de la communauté à cet égard.

Népalais pour « une compréhension mutuelle », Samajhdari a atteint plus d'un million d'auditeurs chaque semaine depuis son lancement en 2006, provoquant des discussions publiques sur la question de la violence contre les femmes et de la prévention du VIH. Chaque émission commençait par la présentation d'un dilemme, auquel un auditeur se voyait confronté, tel que : « Mon mari me force à avoir des relations sexuelles lorsque je ne veux pas. Comment puis-je refuser ? ». Le présentateur laissait alors différentes personnes faire leurs commentaires sur la question à l'antenne, en particulier des auditeurs et des experts locaux.

Equal Access a formé des victimes de violences et des travailleuses de l'industrie du sexe à devenir des reporters communautaires, leur donnant les compétences et la confiance en elles nécessaires pour produire le contenu de programmes de radio. Ces mêmes femmes, qui étaient stigmatisées ou avaient peur de sortir de leurs foyers au départ, se sont finalement mises à s'exprimer, indiquant combien elles étaient honorées de faire entendre leurs voix sur les ondes - avec des répercussions importantes. Des groupes d'auditeurs communautaires, formés par Equal Access, se sont réunis pour écouter les émissions, et, à la suite des programmes, ont lancé des discussions sur les questions soulevées et ont organisé des actions collectives.

Une femme de Makwanpur confie comment Samajhdari a changé sa vie. « Après avoir commencé à écouter Samajhdari, j'ai encouragé mon mari à suivre lui aussi ce programme » raconte-t-elle. « Un jour, nous avons écouté ensemble l'un des épisodes, qui traitait de la question du viol conjugal. Depuis lors, son comportement a changé, et il réalise que ce qu'il faisait dans le passé était une violence à mon égard. »

Les hommes en tant que modèles

En vue d'encourager les hommes à s'exprimer, à assumer la responsabilité de leur actes ou à agir en tant que modèles positifs pour mettre fin à la violence contre les femmes, Equal Access a lancé une Campagne du mari le plus compréhensif. Par le biais de la radio et des activités de proximité, la campagne a invité les hommes à faire partager la manière dont ils mettent en pratique leurs initiatives visant à promouvoir une compréhension mutuelle. En réponse, des hommes de tous le pays ont adressé des messages d'une grande franchise sur leurs réflexions et leurs actions. 10 maris ont été sélectionnés comme finalistes, et leurs récits ont été mises en exergue dans la série radiophonique.

Depuis le lancement de Samajhdari et de la Campagne du mari le plus compréhensif, les femmes du Népal ont brisé la loi du silence - aidées par les hommes. A titre d'exemple, le nombre de femmes qui recherchent une aide juridique a plus que doublé dans la région du projet, et le nombre d'hommes appuyant les interventions visant à mettre fin à la violence contre les femmes a été multiplié par cinq.

« Dan ma société, la vision selon laquelle les hommes ne devraient pas aider les femmes est prédominante » indique Dayaram Thakur, un des finalistes de la campagne. « Mais moi, j'aide ma femme à nettoyer la cuisine et à laver les vêtements. Je vais acheter les légumes moi-même et je les cuisine. Je m'occupe aussi de toutes les tches ménagères ».

Thakur estime que l'autonomisation des femmes est, en fin de compte, la clé de la prospérité de toute la famille.

Géré par ONU Femmes au nom du système des Nations Unies, le Fonds d'affectation spéciale des Nations Unies soutient les initiatives locales et nationales visant à mettre fin à la violence contre les femmes et les filles. Le Fonds dépend des contributions volontaires : vos donations sont donc cruciales. Avec seulement 21 dollars E.U., vous pouvez par exemple parrainer la journée de formation d'un reporter communautaire. Rejoignez-nous pour ce travail crucial. Faites un don au Fonds d'affectation spéciale des Nations Unies.