Discours prononcé par Michelle Bachelet sur la santé mondiale à la conférence Dame Jillian Sackler

Date: 05 Nov 2012

Discours prononcé par Michelle Bachelet sur la santé mondiale à la conférence Dame Jillian Sackler. Hunter College, New York, le 25 octobre 2012.

[Seul le texte prononcé fait foi.]

Bonsoir à vous tous. Je remercie Noel (Lateef) pour son aimable introduction. Je remercie également Foreign Policy Association de m'avoir invitée à présenter cette conférence.

Je souhaiterais en outre remercier la Présidente Jennifer Raab et le Hunter College de nous accueillir ce soir. Je vous remercie tous les deux pour le leadership dont vous faites preuve. Nous avons besoin d'institutions telles que les vôtres pour promouvoir la compréhension et la citoyenneté au niveau mondial. Je vous adresse mes remerciements particuliers, Dame Jillian Sackler, pour votre vision et votre leadership.

Ce soir, permettez-moi de parler d'un thème qui me tient profondément à cœur. À mes yeux, cette question est fondamentale pour réaliser les progrès que nous appelons de nos vœux et pour promouvoir une prospérité partagée en tant qu'êtres humains. Elle est cruciale pour la démocratie et la paix et la sécurité. Je veux parler de la santé et des droits des femmes et des filles.

Depuis maintenant deux ans, en qualité de Directrice exécutive d'ONU Femmes, j'ai eu le privilège de parcourir le monde, défendant les droits des femmes et des filles, et me faisant la porte-parole mondiale de l'égalité des sexes. J'ai milité et été témoin de la montée de l'attention accordée, au niveau mondial, aux droits des femmes et à la fin de la violence et de la discrimination à l'égard des femmes.

Nous progressons. Dans toutes les régions, les pays ont renforcé les droits juridiques des femmes. Davantage de femmes exercent des fonctions de direction en politique et dans les affaires, davantage de filles vont à l'école, et davantage de femmes survivent à l'accouchement et sont en mesure de planifier leur famille. Il est désormais reconnu au niveau mondial que l'amélioration de la condition de la femme doit être une priorité politique.

Pourtant, malgré les progrès réalisés, de profondes lacunes demeurent, et nous devons traduire cette prise de conscience en actions plus fortes. Des actions pour lutter contre les écarts de salaires et l'inégalité des chances qui perdurent, pour renforcer le leadership des femmes et leur prise de décisions, pour mettre fin aux mariages d'enfants et pour faire cesser la violence à l'égard des filles et des femmes, qui atteint des niveaux révoltants. Nous devons prendre des mesures plus énergiques pour promouvoir la santé et les droits des femmes.

Je souligne ce fait car, que nous parlions de la sphère politique, du parlement, des périodes de paix ou de conflit, les corps des femmes continuent d'être des champs de bataille. Le viol continue d'être utilisé comme tactique de guerre, des millions de femmes disparaissent à cause de la discrimination sexuelle, et les droits en matière de procréation continuent de faire l'objet d'pres débats.

Vous serez peut-être surpris d'apprendre qu'au sein des Nations Unies, la question de la santé et des droits en matière de procréation est suivie aussi étroitement par certains délégués que le désarmement nucléaire. Pourtant, trop souvent, la voix qui devrait être entendue, celles des femmes, n'est pas prise en compte sur un pied d'égalité dans les débats organisés aux niveaux international et national. Voilà pourquoi je suis farouchement partisane du renforcement du leadership des femmes en politique et au sein des parlements, dans les pourparlers de paix et au sein du secteur privé.

Il est temps que la voix des femmes soit entendue. Cela est particulièrement important si l'on veut améliorer la santé des femmes et promouvoir leurs droits. Aujourd'hui, bien trop de femmes se voient privées de leur voix, de leurs choix et du contrôle sur leur propre corps.

La Convention des Nations Unies sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, les programmes d'action de la Conférence internationale sur la population et le développement de 1994 et de la Quatrième Conférence mondiale sur les femmes de 1995, ainsi que les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité, nous guident pour l'avenir.

Grce au traité international sur les droits des femmes, et la mobilisation de beaucoup, les droits en matière de procréation sont de plus en plus protégés dans les législations nationales et promus par le biais de politiques et de programmes. Cela est important, dans la mesure où les droits en matière de procréation sont fondamentaux pour l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes, à la paix et à la sécurité, et au développement économique. Et grce aux résolutions du Conseil de sécurité, des mesures sont prises en vue d'impliquer davantage de femmes dans la paix et la sécurité ainsi que de prévenir et punir la violence sexuelle pendant les conflits.

Je voyage dans le monde entier, et lors de la préparation de mes visites et de l'analyse des différentes caractéristiques, voies de développement et indicateurs nationaux des pays, j'ai identifié une caractéristique constante : la santé et le bien-être des femmes et des filles est un indicateur de la santé d'un pays.

Je ne prétends pas que cette constatation relève d'une science exacte. Mais j'affirme que l'on peut dire beaucoup sur un pays, sur sa situation actuelle et ses perspectives futures, en examinant certains indicateurs, tels que le risque de mortalité maternelle, le pourcentage de femmes utilisant les moyens modernes de contraception, les taux d'alphabétisation des femmes et leur participation aux gouvernements nationaux, ainsi que l'inscription scolaire des filles.

Lorsque l'on se penche sur les pays qui affichent les taux les plus élevés de mortalité et d'invalidité maternelles, ceux où il fait le moins bon être mère ou nouveau-né, ou bien grandir, sont ceux qui sont en proie à une profonde détresse tels que l'Afghanistan, le Tchad et la Somalie.

L'inverse est également vrai. Les pays qui affichent les niveaux les plus élevés d'égalité des sexes - les pays nordiques tels que la Norvège, la Finlande, l'Islande et la Suède -, ceux où les femmes bénéficient des meilleurs standards en matière de santé et d'éducation, d'opportunités économiques et de participation politique, sont aussi ceux qui obtiennent de bons résultats et se classent dans le peloton de tête au niveau du développement humain.

Les sociétés les plus saines et dynamiques sont celles où les femmes et les hommes sont en bonne santé et jouissent de leurs droits humains.

Et cela est vrai non seulement pour les pays, mais aussi pour les entreprises. Les nations comme les entreprises enregistrent de meilleurs résultats lorsque les femmes bénéficient de l'égalité des chances et sont en mesure de jouer pleinement leur rôle, sur un pied d'égalité.

Je précise que cela n'est pas seulement mon opinion personnelle ou l'idéologie d'un groupe de féministes, mais les conclusions d'un nombre croissant d'études et de rapports réalisés par les gouvernements, les universités, les groupes de réflexion, les organisations et le secteur privé.

Laissez-moi vous donner quelques exemples.

La Banque mondiale a conclu qu'une plus grande égalité des sexes renforce la productivité, améliore les résultats de développement pour les générations à venir, et accroît la représentativité des institutions.

Le Programme des Nations Unies pour le développement a montré que l'autonomisation des femmes est catalytique et essentielle à la croissance économique, au développement social et à la durabilité environnementale.

Le Forum économique mondial, dans son Rapport sur l'écart entre les sexes, conclut que l'égalité des sexes a une corrélation positive avec la croissance économique dans 134 pays.

Goldman Sachs montre que le fait de réduire les obstacles à la participation des femmes à la main-d'œuvre permettrait d'augmenter le PIB de l'Amérique de 9 pour cent, de la Zone euro de 13 pour cent, et du Japon de 16 pour cent. La libération du potentiel des femmes pourrait conduire à une augmentation de 14 pour cent des revenus par habitant d'ici à 2020 dans plusieurs économies, dont la Chine, la Russie, l'Indonésie, le Viet Nam et la Corée.

L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture montre que le fait d'accorder le même accès aux femmes agricultrices qu'aux hommes à la terre, au crédit, aux engrais et aux autres intrants permettrait d'accroître les rendements agricoles nationaux jusqu'à 4 pour cent, de favoriser la sécurité alimentaire et de réduire la faim.

Les consultants en gestion de « McKinsey & Company » arrivent à la conclusion que les entreprises qui affichent une proportion plus importante de femmes au sein de leurs conseils d'administration sont celles qui engrangent les meilleurs résultats.

Toutes ces preuves nous conduisent à conclure que le maintien des inégalités entre les femmes et les hommes ne saurait plus être considéré comme une option. Dans notre monde complexe, et étant donné les défis sans précédent aux niveaux économique, démographique, environnemental et politique, nous ne pouvons plus nous permettre de gaspiller le potentiel de la moitié de la population mondiale.

La lutte pour l'égalité des sexes et pour les droits des femmes est la plus grande cause du XXIème siècle.

Nous savons depuis longtemps que les conditions de santé des femmes et les disparités entre les sexes sur le plan de la santé sont souvent des indicateurs cruciaux de l'iniquité de la société. Les pays qui présentent les taux de fertilité et de mortalité maternelle et infantile élevés sont ceux qui sont considérés comme les moins avancés.

Et, bien entendu, l'inverse est également vrai. À mesure que les nations s'enrichissent, la population bénéficie de meilleurs niveaux de santé et de vie.

La croissance économique à elle seule ne peut garantir les progrès pour les femmes et leur santé. Si le fait de disposer de niveaux de revenus plus élevés signifie que les pays ont davantage d'argent à consacrer à l'amélioration de la santé des femmes, il revient en définitive aux gouvernements de décider comment dépenser cet argent.

Nous savons que lorsque les gouvernements consacrent de l'argent à l'amélioration de la santé et de la situation juridique des femmes, la situation sociale s'améliore et les performances économiques sont renforcées.

En garantissant l'égalité des chances, en autonomisant les filles et les femmes en leur assurant l'accès à la santé et à l'éducation, et en renforçant leurs talents et leur leadership dans les sphères de la politique, de l'économie et de la société, les pays se donnent les moyens de réussir et de demeurer compétitifs dans le monde mondialisé, en évolution rapide et interconnecté d'aujourd'hui.

Il est particulièrement important d'investir dans le potentiel des femmes et les filles à ce point. En regardant vers l'avenir, nous observons des tendances émergeantes qui exigent une réponse en matière de santé dans divers secteurs, en mettant un accent particulier sur les femmes. Je veux parler ici de la dynamique démographique, des changements climatiques, de la montée des pays à revenu intermédiaire et du fardeau croissance des maladies non contagieuses.

Les maladies non contagieuses de notre époque - les cancers, les maladies cardiovasculaires et le diabète - font de plus en plus de victimes chez les femmes et sont responsables de plus de 60 pour cent de tous les décès au niveau mondial. Près de 80 pour cent de ces décès surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. D'ici à 2030, on prévoit que la fréquence des maladies non contagieuses dans les pays à revenu faible dépassera celle des maladies maternelles, périnatales et nutritionnelle prises ensemble. Il existe une menace grandissante susceptible de pousser les ménages dans la pauvreté, et qui frappe de manière négative les économies nationales. Des efforts urgents sont donc nécessaires en vue de fournir les services de santé intégrés répondant aux besoins des femmes et de promouvoir des styles de vie sains.

Nous devons par ailleurs accorder une plus grande attention à la dynamique démographique. Aujourd'hui, vous et moi faisons partie des 7 milliards de personnes vivant sur Terre. Si les gens vivent plus vieux et en meilleure santé, d'immenses inégalités perdurent, auxquelles il convient de faire face. Au rythme actuel de croissance, on compte sur la planète quelque 78 millions de personnes en plus chaque année - et la quasi-totalité de cette croissance a lieu dans les zones urbaines des pays les moins avancés, dont certaines doivent déjà prement lutter pour répondre aux besoins de leur population. Dans le même temps, de nombreux pays riches et à revenu intermédiaire sont préoccupés par leur faible fertilité, leur déclin démographique et le vieillissement de leur population.

Au moment où la population mondiale va passer des 7 milliards de personnes actuelles à près de 9 milliards d'ici à 2040, et où le nombre de consommateurs de la classe moyenne va augmenter de 3 milliards dans les 20 prochaines années, la demande de ressources connaîtra une augmentation exponentielle. D'ici à 2030, le monde aura besoin d'au moins 50 pour cent de nourriture en plus, de 45 pour cent d'énergie en plus et de 30 pour cent d'eau en plus - tout cela à un moment où les limites environnementales imposent de nouvelles limites à l'offre.

J'estime que notre capacité à vivre ensemble sur une planète saine dépendra d'un leadership éthique en mesure de lutter contre les inégalités, les disparités et la discrimination au sein de la société. Nous avons besoin d'un leadership inclusif qui promeuve et protège l'égalité des chances, la dignité humaine et les droits de l'homme.

Nous voyons cela très clairement lorsque nous examinons la santé des femmes. La statistique peut-être la plus révoltante concernant la santé des femmes est le fait que près de 4 millions de femmes disparaissent de notre planète en raison des infanticides, des négligences ou d'autres causes non naturelles.

Sur l'ensemble de ces femmes disparues, deux cinquièmes ne sont jamais nées, un cinquième sont mortes pendant la petite enfance et l'enfance, et les deux cinquièmes restants sont décédées entre 15 et 59 ans. Les causes vont de la discrimination flagrante à la préférence donnée aux garçons par rapport aux filles, en passant par un manque total de ressources des foyers pour prendre soin des enfants, à la mortalité maternelle et à la contamination par le VIH/sida des femmes en ge de procréer.

En raison des discriminations et de la violence sexiste, les femmes ont plus de risques de contracter le VIH. Les taux d'infection au VIH chez les jeunes femmes entre 15 et 24 ans est deux fois plus élevé que ceux des hommes. Dans de nombreux cas, les femmes n'ont tout simplement pas les moyens de se protéger elles-mêmes. En Afrique sub-saharienne, un seul préservatif féminin est disponible pour 36 femmes.

Si nous examinons tous les indicateurs sanitaires, la mortalité maternelle constitue la plus grande inégalité entre les riches et les pauvres. Chaque jour, 800 femmes meurent de complications découlant d'une grossesse et d'un accouchement. Chaque année, de telles complications provoquent des handicaps physiques et mentaux chez plus de 10 millions de femmes.

Nous savons que, au niveau mondial, la mortalité maternelle est due au manque d'accès à des services de santé de qualité. Le taux élevé de mortalité maternelle -la grande majorité des décès survenant dans les pays d'Afrique sub-saharienne et d'Asie du Sud - est également causé par la pauvreté et l'inégalité entre les sexes : accès insuffisant à l'éducation, notamment chez les filles, mariages précoces, grossesses d'adolescentes, et accès faible à l'information et aux services en matière sexuelle et de procréation, y compris pour les adolescentes.

Nous savons que plus les droits des femmes sont respectés, notamment le droit à la santé sexuelle et procréative, plus les pourcentages de mères mourant pendant la grossesse et l'accouchement, d'infection au VIH, de grossesse des adolescentes et d'avortement sont faibles.

Nous savons également, sur la base des analyses des données macroéconomiques, que les améliorations réalisées sur le plan de la santé en matière de procréation permettent de réduire les taux de fertilité, de promouvoir une meilleure nutrition, santé et éducation pour les enfants et d'augmenter le nombre de femmes participant au marché du travail, qui nourrit la croissance économique.

Entre 1960 et 1995, la croissance économique rapide de ce qu'on appelle les tigres asiatiques (Hong Kong, Singapour, Corée du Sud et Taïwan) a été alimentée par l'augmentation de la population en ge de travailler et de la participation des femmes à la main-d'œuvre, et par l'amélioration de l'éducation. Les recherches montrent que les pays qui ont élargi les opportunités offertes aux femmes et aux filles en matière éducative et sur le plan du travail ont atteint des niveaux de prospérité et de progrès social largement supérieurs.

Un exemple en est donné par le Bangladesh, qui a enregistré des avancées significatives depuis les années 1970. Le Bangladesh a réduit sa mortalité infantile et maternelle, a augmenté l'espérance de vie de sa population, a accru le nombre des filles allant à l'école et réduit la fécondité, celle-ci passant d'une moyenne de 7 enfants à 2 enfants par femme aujourd'hui. Cet exemple montre les formidables bénéfices apportés par l'autonomisation des femmes. Les existences se sont améliorées, et l'économie du Bangladesh a réussi à croître de plus de 6 pour cent par an au cours de ces dix dernières années.

Mes amis, aujourd'hui comme chaque jour, des individus comme vous et des institutions telles que Foreign Policy Association et Hunter College unissent leurs forces pour promouvoir les droits des femmes et la santé publique.

Cette année, ONU Femmes a rejoint ONUSIDA, et nous avons rejoint d'autres institutions et organisations des Nations Unies dans le cadre d'un partenariat mondial en vue de promouvoir la santé de chaque enfant et de chaque femme.

Depuis le lancement du partenariat en 2010, plus de 200 partenaires ont élaboré des politiques, fourni des services et pris des engagements financiers pour promouvoir la Stratégie mondiale pour la santé des femmes et des enfants, pour un montant total de plus de 40 milliards de dollars.

Ces engagements sont payants. Le VIH/sida est en passe d'être sous contrôle, lentement mais surement. Dans tous les pays, les hommes, les femmes et les jeunes se mobilisent en vue de mettre fin à la violence et à la discrimination à l'égard des filles et des femmes. La santé des femmes et des enfants est en cours d'amélioration.

Des progrès sont en train d'être réalisés dans toutes les régions. Il convient pourtant d'accélérer les mesures. On estime que l'accès à la planification familiale pourrait permettre de réduire les décès maternels de 20 à 35 pour cent. Pourtant, quelque 222 millions de femmes, qui souhaiteraient planifier et espacer leurs naissances ne bénéficient toujours pas aujourd'hui d'une contraception efficace.

Les partenaires mondiaux, dont le Fonds des Nations Unies pour la population, élargissent l'accès à la planification familiale, et je salue et appuie cet effort.

Cela est particulièrement important pour les jeunes femmes. Aujourd'hui, les mauvaises conditions dans lesquelles se passent la grossesse et la maternité sont la première cause de mortalité chez les adolescentes de 15 à 19 ans dans le monde. Ces filles ont deux fois plus de chance que les femmes qui ont une vingtaine d'années de mourir pendant la grossesse ou l'accouchement. Ce risque est 5 fois supérieur chez celles gées de moins de 15 ans.

Malgré ces risques, une fille sur sept vivant dans les pays en développement se marie avant l'ge de 15 ans. C'est la raison pour laquelle les agences des Nations Unies ont uni leurs forces cette année, dans le cadre de la première Journée internationale de la fille, en vue d'appeler à la fin du mariage des enfants, afin que les filles puissent rester des filles, pas des jeunes mariées.

La campagne Chaque femme chaque enfant vise à sauvegarder les vies de 16 millions de femmes et d'enfants, de prévenir 33 millions de grossesses non désirées, de faire cesser le retard de croissance de 88 millions d'enfants et de protéger 120 millions d'enfants contre la pneumonie d'ici à 2015.

Cette entreprise est immense et sans précédent. Mais elle est réalisable grce aux partenariats et aux mesures concertées prises dans les différents secteurs pour renforcer les systèmes de santé et s'attaquer aux déterminants sociaux de la santé.

Un vaccin ou un traitement contre le VIH/sida est bien plus efficace si une personne dispose de l'alimentation, de l'eau salubre et de l'assainissement adéquats. La contraception fonctionne mieux lorsque les femmes peuvent prendre leurs propres décisions concernant leur corps et leur vie. La santé publique s'améliore lorsque des efforts sont également déployés pour lutter contre la pauvreté, la violence et la discrimination.

Et s'il y a une chose que je souhaiterais que vous reteniez de mes propos de ce jour, c'est celle-ci : dans le monde entier, dans chaque pays, les femmes et les filles défendent leurs droits. Elles luttent en faveur de l'égalité des droits, des chances et de la participation. Et leurs pères, leurs grands-pères, leurs frères, leurs oncles, leurs maris et leurs partenaires se tiennent de plus en plus à leurs côtés.

À ce moment de l'histoire, la deuxième décennie du XXIème siècle, nous nous trouvons à une nouvelle phase de compréhension de l'humanité. Nous réalisons que, pour atteindre notre potentiel en tant que communautés, pays et civilisation humaine, il convient de libérer le plein potentiel des filles et des femmes. Je vous remercie tous pour ce que vous faites à cet égard. Le cours de l'histoire penche en faveur des femmes et de l'égalité de sexes.

Merci de votre attention.