Où je me tiens : Nahimana Fainesi

Date : lundi 23 mai 2016

Photo: ONU Femmes/Catianne Tijerina
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C’est la seconde fois que je vis dans un camp de réfugiées et réfugiés, la seconde fois que je fuis la guerre civile pour me protéger. Ce qui m’a poussée à partir [du Burundi], c’est le problème des hommes inconnus qui pénètrent dans les maisons et attaquent les femmes seules. Ils ont des couteaux. Ils commencent par vous violer, puis ils vous tuent. Quand j’ai vu ces attaques et les gens mourir, je me suis enfuie avec mon fils d’un an. Je n’ai même pas pu aller chercher tous mes enfants, c’était une situation de chacun pour soi, tout le monde courait pour sauver sa vie.

En arrivant au camp de Lusenda [en République démocratique du Congo], je n’avais aucun espoir. ONU Femmes m’a redonné de l’espoir, de la motivation et un sentiment d’autonomie. Au bout de quelque temps, j’ai été nommée membre du comité regroupant les femmes. J’ai travaillé [via un programme « Argent contre travail » ] et avec cet argent, j’ai pu retourner chercher mes enfants. J’ai cinq enfants - quatre filles et un garçon.

La vie au camp est encore un défi. Deux de mes filles sont devenues des jeunes femmes. Lorsqu’elles se déplacent, je vis dans la peur, car elles pourraient se faire violer à tout moment. Il n’y a pas suffisamment de nourriture et les rations sont épuisées avant [la distribution suivante].

Je survis en cultivant la terre, pour gagner un peu d’argent. Les femmes cultivent la terre ensemble et font pousser différentes sortes de récoltes. Lorsque celles-ci sont prêtes, nous vendons notre production. On devrait toujours se souvenir qu’il faut parfois se salir les mains pour atteindre ses objectifs et nourrir sa famille. Le bonheur commence avec soi ».


ODD 2 : Faim « zéro »
ODD 16 : Paix, justice et institutions efficaces

Nahimana Fainesi [Finess], 30 ans, a fui son Burundi natal en juillet 2015 et vit depuis lors dans le camp de réfugiées et réfugiés de Lusenda, dans le territoire de Fizi en République démocratique du Congo. Elle travail en tant qu’agricultrice dans le cadre d’un programme Argent-contre-travail d’ONU Femmes, financé par le gouvernement du Japon. Son travail a directement trait à l’Objectif de développement durable (ODD) n° 2, qui vise à éliminer la faim et faire en sorte que chaque personne, en particulier les personnes vulnérables, ait accès à une alimentation saine, nutritive et suffisante ; et à l’ODD n° 16, sur la promotion de sociétés pacifiques et inclusives pour le développement durable.

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