Remarques à la presse de Michelle Bachelet, Secrétaire générale adjointe et Directrice exécutive d’ONU Femmes

Date: 04 Mar 2013

La Directrice exécutive d’ONU Femmes Michelle Bachelet à une conférence de presse juste après l’ ouverture de la Commission de la condition de la femme le 4 mars 2013 au siège des Nations Unies à New York. Photo Crédit: ONU Femmes/Catianne Tijerina
La Directrice exécutive d’ONU Femmes Michelle Bachelet à une conférence de presse juste après l’ ouverture de la Commission de la condition de la femme le 4 mars 2013 au siège des Nations Unies à New York. Photo Crédit: ONU Femmes/Catianne Tijerina
REMARQUES À LA PRESSE de Michelle Bachelet, Secrétaire générale adjointe et Directrice exécutive d’ONU Femmes 4 mars 2013

Merci de vous trouver ici aujourd’hui. Je viens de participer à l’ouverture de la 57e Commission de la condition de la femme. C’est une réunion cruciale.

Comme vous le savez, celle-ci a pour thème l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Cette réunion nous donne une occasion véritablement unique : celle de montrer notre courage, notre action, notre volonté, et toute la détermination dont nous avons besoin pour mettre fin à cette violation des droits fondamentaux et de la dignité humaine.

Nous avons toutes et tous été témoins, au cours de ces derniers mois, du fait que la violence à l’égard des femmes et des filles demeure une horrible réalité. Elle survient dans tous les pays et dans tous les contextes. C’est un problème universel qui exige une réponse universelle. L’indignation publique monte.

Voilà ce que nous enseignent les statistiques :

Jusqu’à sept femmes sur dix, oui, 70 pour cent des femmes du monde, seront battues, violées, abusées ou mutilées au cours de leur existence. Cette pandémie affecte la vie de millions de femmes, brise les familles et les communautés et freine le développement, coûtant chaque année aux pays des milliards de dollars en soins de santé ou perte de productivité.

Je ne pourrai jamais trop insister : la violence et la discrimination à l’égard des femmes n’ont pas leur place au XXIe  siècle.

Cette violence perdure pourtant, en dépit des progrès significatifs réalisés sur les plans législatif et politique. Aujourd’hui, 187 pays ont ratifié la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies reconnaît désormais la violence sexuelle comme une tactique de guerre délibérée. 160 pays sont dotés de lois spécifiques pour lutter contre la violence à l’égard des femmes. Et 125 pays ont adopté des lois spécifiques qui pénalisent la violence domestique. Pourtant, 603 millions de femmes vivent toujours dans des pays où la violence domestique n’est toujours pas considérée comme un crime. Et l’impunité demeure la règle, plutôt que l’exception.

Les principaux moteurs de la fin de la pandémie de violence à l’égard des femmes et des filles dans le monde sont les gouvernements. La 57e session de la Commission de la condition de la femme est donc une réunion importante qui suscite des attentes très élevées. Je pense que l’on peut dire à juste titre que le monde et ses citoyens nous observent.

En tant que Directrice exécutive d’ONU Femmes, j’ai accordé une haute priorité au dialogue avec les Chefs d’États, d’innombrables ministres, les organisations de la société civile et les partenaires du secteur privé, pour encourager une action plus forte. Les femmes et les filles du monde entier ont besoin que leurs dirigeants gouvernementaux passent à l’action, en vue d’assurer à leurs citoyens qu’ils respecteront les promesses qu’ils ont faites et négocieront une feuille de route mondiale de mesures destinées à prévenir et à mettre fin à cette violence.

Il y a dix ans, les nations se sont réunies au sein de ce forum sur la même question ; elles n’ont pas été en mesure de parvenir à un consensus. Aujourd’hui, nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre que des désaccords et des indécisions bloquent les progrès en faveur des femmes de la planète. La volonté politique est essentielle pour pouvoir progresser.

Pour promouvoir cette volonté politique, ONU Femmes a lancé en novembre dernier l’Initiative ENGAGEONS-NOUS.

Cette initiative a appelé les gouvernements à s’engager en faveur d’actions nationales nouvelles, et, surtout, concrètes,  pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles. Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’annoncer que 41 gouvernements se sont pour le moment engagés, et que davantage devraient les imiter cette semaine.

Je salue les gouvernements qui se sont engagés envers leurs citoyens à prendre des mesures afin de mettre fin à la violence à l’égard de femmes et des filles.

Ces gouvernements se sont engagés en faveur d’une gamme d’initiatives en vue de la prévention, la protection et la justice, telles que des lois et des stratégies nationales plus efficaces, des poursuites judiciaires plus sévères pour les auteurs de violences, des campagnes de plaidoyer ciblées sur les jeunes et les hommes, des formations permettant aux fonctionnaires de détecter les cas de violences, et l’élargissement des services publics, tels que l’accès à des refuges. Toutes ces initiatives sont des plus essentielles et urgentes.

Vous pourrez prendre connaissance de ces engagements sur le site Internet http://saynotoviolence.org/fr/engageonsnous et nous disposons ici d’informations avec les noms et les engagements des différents pays.

Nous espérons ardemment que les États membres feront cette fois montre d’un leadership et d’une volonté politique déterminés pour faire avancer l’ordre du jour international sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Cette réunion est l’occasion de présenter des engagements en faveur d’innombrables femmes et filles – à Malala, aux victimes de viols collectifs de notre monde, que nous n’avons pas le droit d’oublier, ainsi qu’à toutes les femmes et les filles.

Nous voudrions que les conclusions qui seront adoptées contiennent deux actions principales :

Le renforcement des normes et standards mondiaux par les États membres ; et l’accroissement des engagements et de l’action politique en vue de mettre fin à la pandémie.

Nous sommes fermement convaincus qu’il est possible de mettre fin à cette pandémie de violence à l’égard des femmes grâce à un leadership déterminé en faveur de la prévention, de la protection et de la fourniture de services aux victimes.

Les femmes et les filles du monde comptent sur nous. Nous n’avons pas le droit de les décevoir.

J’attends vos questions avec impatience.

À midi, le 4 mars 2013, 41 gouvernements s’étaient engagés en faveur de mesures concrètes pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes, soit :

1)    Albanie
2)    Allemagne
3)    Australie
4)    Autriche
5)    Belarus
6)    Bosnie-Herzégovine
7)    Brésil
8)    Canada
9)    Danemark
10)  Espagne
11)  États-Unis d’Amérique
12)  Ex-République yougoslave de Macédoine
13)  Fidji
14)  Finlande
15)  France
16)  Géorgie
17)  Grèce
18)  Guatemala
19)  Hongrie
20) Jamaïque
21) Japon
22) Libéria
23) Maroc
24) Mexique
25) Népal
26) Nigéria
27) Papouasie-Nouvelle Guinée
28) Pays-Bas
29) Pologne
30) Qatar
31)  République de Corée
32) République dominicaine
33) Serbie
34) Slovaquie
35) Suède
36) Territoire palestinien occupé
37) Thaïlande
38) Togo
39) Tunisie
40) Turquie
41) Viet Nam