Où je me tiens : Lorraine Kakaza

Date : mercredi 20 juillet 2016

Lorraine Kakaza. Photo: UN Women Cambodia/Helen Sullivan
Photo: ONU Femmes/Helen Sullivan

Quote

Le village où je vis est entouré de mines. Le plus difficile pour nous est l’absence d’eau propre et salubre. L’eau qui sort du robinet est polluée. Nous pensons que ce sont les mines qui sont à l’origine de cette pollution. L’eau a empoisonné nos jardins. Avant, nous étions des agricultrices et agriculteurs. Nous élevions du bétail, nous cultivions des légumes, et nous pouvions les vendre. Depuis l’ouverture des mines, tout a changé.

Une mosquée du quartier nous a aidés en payant pour le forage de puits, mais nous ne sommes autorisés à utiliser cette eau que pour boire et cuisiner. Nous sommes encore forcés d’utiliser l’eau polluée pour arroser nos jardins, nous laver et nettoyer nos vêtements. Quand nous utilisons l’eau du robinet pour laver nos parties intimes, cela nous donne des érythèmes et des inflammations. Les maris de certaines femmes travaillent loin de chez eux et, au début, quand ils rentraient à la maison et voyaient les inflammations, ils croyaient que leurs femmes les avaient trompés.

Il y a trois ans, nous avons eu l’idée de raconter nos expériences par le biais de podcasts pour sensibiliser la communauté à ce qui nous arrivait à cause de l’eau. J’étais le personnage principal de ces podcasts. Je le fais très bien, parce que je ne change pas le récit ; je dis les choses telles qu’elles sont. J’ai beaucoup mûri depuis que j’ai démarré ce travail. Les gens comprennent mieux nos problèmes, les maris savent que les inflammations sont dues à l’eau, non pas à des infidélités. Ce n’est pas un grand changement, mais c’est important ».


ODD 13 : Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques
ODD 6 : Eau propre et assainissement

Lorraine Kakaza est une bénévole de 27 ans chargée du contrôle communautaire qui vient de Carolina, une petite ville proche de la frontière avec le Swaziland, dans la province sud-africaine du Mpumalanga. Elle a participé à un atelier axé sur les effets du changement climatique sur les femmes dans les zones rurales et sur les petites exploitantes agricoles, organisé par le Bureau multipays sud-africain d’ONU Femmes à Johannesburg. Son travail porte sur l’Objectif de développement durable (ODD) no 13, qui se focalise sur le renforcement des capacités afin que les pays les moins avancés se dotent de moyens efficaces de planification et de gestion pour faire face aux changements climatiques, l’accent étant mis notamment sur les femmes ; et sur l’ODD no 6, qui se focalise sur l’accès universel à l’eau propre et l’assainissement, ainsi que sur l’accès de tous, en particulier les femmes et les filles, à des services d’assainissement dans des conditions adéquates et équitables.

Lisez d’autres récits de la série éditoriale « Où je me tiens... ».

Pour un monde 50-50 en 2030: Franchissons le pas pour l’égalité des sexes