Où je me tiens : « Je veux que les femmes de ce pays soient sur un pied d’égalité avec les hommes »

Massah Lewally a été l’une des premières femmes conductrice au sein du système des Nations Unies en Sierra Leone. Elle a choisi de se mettre à conduire pour pouvoir se rendre sur les projets de l’ONU et en apprendre davantage. Alors que la crise continue de s’étendre en Sierra Leone, où les coulées de boue ont touché plus de 6 000 personnes, Massah Lewally travaille 24 h sur 24 pour venir en aide aux femmes.

Date : mercredi 23 août 2017

Massah Lewally. Photo : ONU Femmes/Cecil Nelson.
Massah Lewally. Photo : ONU Femmes/Cecil Nelson.

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J’étais au volant, en route pour mon travail, lundi matin vers 6 h 30, et j’écoutais la radio. Ils parlaient des chutes de pluie. Quelqu’un a appelé depuis le quartier du Régent pour dire que la montagne venait de s’effondrer. Un autre témoignage a signalé que plus de 200 maisons se trouvaient sous la boue… les gens ont été surpris dans leur sommeil.

Mon père vit dans ce quartier. Je venais de lui rendre visite ce dimanche !

Quand je suis arrivée au bureau, les nouvelles faisaient état d’inondations importantes du quartier du Régent jusqu’à ceux de Kamayama, Kanigo et d’autres. Nous essayions désespérément de contacter les membres de nos familles et nos amis pour vérifier qu’ils étaient sains et saufs. Mon oncle m’a appelée pour me dire que l’une de mes proches — comme une sœur pour moi — était portée disparue. Elle terminait sa dernière année d’études à l’université. Sa maison s’est complètement effondrée… sur place il n’en reste aucune trace. Pour l’instant ils n’ont toujours pas retrouvé son corps.

Je suis conductrice pour le bureau d’ONU Femmes en Sierra Leone. Depuis le glissement de terrain, le travail n’arrête pas. Je conduis mes collègues là où ils doivent se rendre ; je prépare des kits d’hygiène pour les femmes, avec des sous-vêtements, du savon, du dentifrice, des serviettes hygiéniques et d’autres produits d’hygiène et de santé de base ; je parle avec les femmes qui ont survécu.

Nous avons distribué les premiers kits d’hygiène ce jeudi. J’ai effectué l’inscription des femmes ayant reçu un kit. L’une d’entre elles a déclaré avoir réussi à s’en sortir, avec les habits qu’elle avait sur le dos. Elle n’avait rien d’autre, donc le kit d’hygiène lui a été d’une grande utilité. Dans ces quartiers, de nombreuses femmes sont des agricultrices cultivant des légumes et leurs terres ont été inondées. Comment vont-elles s’en sortir à présent ?

J’ai rejoint ONU Femmes parce que je souhaite que les femmes de ce pays soient sur un pied d’égalité avec les hommes. À l’époque, j’étais peut-être la première femme conductrice au sein du système des Nations Unies, mais aujourd’hui nous sommes beaucoup plus nombreuses. 

Conduire est devenu ma manière d’aider les femmes. Quand je conduis des collègues au sein de communautés, je parle avec les femmes. Si en conduisant je vois un homme qui harcèle ou frappe une femme, je m’arrête et je l’interpelle.   Souvent, en voyant le logo d’ONU Femmes sur ma voiture, les hommes prennent la fuite. 


ODD 5 : Égalité entre les sexes

Massah Lewally, 38 ans, est conductrice principale au sein du bureau d’ONU Femmes en Sierra Leone. Comme beaucoup d’autres dans la région de Freetown, sa famille a été touchée par les coulées de boue meurtrières. Mais les dégâts autour d’elle, et sa conviction qu’il est nécessaire d’autonomiser les femmes, la motivent à continuer ses efforts. En cas de catastrophe, les femmes et les filles ont des besoins uniques comparés à ceux des hommes et des garçons. ONU Femmes travaille à faire en sorte que l’aide humanitaire serve et autonomise les femmes et les filles en Sierra Leone. Le travail de Massah Lewally participe à la réalisation de l’objectif de développement durable n° 5 sur l’égalité des sexes et l’autonomisation de toutes les femmes.

Consultez plus de témoignages dans la série « Où je me tiens... ».