Des transports publics sécuritaires pour les femmes et les filles de Papouasie-Nouvelle-Guinée

Date : mardi 15 novembre 2016

Women ride a Meri Seif Bus in Port Moresby, Papua New Guinea. Photo: UN Women/Marc Dozier
Meri Seif Bus. Photo: ONU Femmes/Marc Dozier

Pour les femmes de Port Moresby, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, tout trajet en bus était presque inévitablement associé à une expérience de violence. Une étude exploratoire menée par ONU Femmes en 2014 a permis de constater que plus de 90 % des femmes et des filles avaient été victimes d’une forme ou une autre de violence en prenant les transports publics, notamment à bord des bus, en attendant aux arrêts de bus, en se rendant ou en quittant un arrêt de bus, ou encore à bord des taxis. Les violences subies incluaient des remarques verbales à connotations sexuelles, des attouchements inappropriés, et des outrages publics à la pudeur en termes de violence sexuelle, mais aussi des cas d’extorsion, de vols, de menaces ou d’intimidation. 

« J’élève seule mes cinq filles et je souhaite qu’elles puissent vivre dans une société où la violence à l’égard des femmes n’existe pas », a déclaré Helen de Port Moresby.

Depuis qu’elle a commencé à prendre le « Meri Seif Bus » – un bus exclusivement réservé aux femmes et aux enfants – proposé dans le cadre du « Programme de transports publics sécuritaires pour les femmes et les enfants », Helen sait désormais à quel point la situation pourrait être différente. Les bus, équipés de systèmes de localisation et comptent à bord trois agents en uniforme, offrent un espace sécurisé où les femmes et les filles peuvent voyager en toute sécurité et parler des problèmes qui affectent leur sécurité ainsi que leur mobilité. Entre août et décembre 2015, 47 000 passagères ont pris le « Meri Seif Bus » pour se déplacer entre Gerehu et la ville de Port Moresby (un trajet d’environ 10 km). Suite à la réussite de cette initiative, un nouvel itinéraire a été ajouté en février 2016 et un autre verra le jour en décembre.

In Port Moresby, Papua New Guinea, women and men celebrate the  SANAP WANTAIM campaign. Photo: UN Women/Marc Dozier
Port Moresby, en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Photo: ONU Femmes/Marc Dozier

ONU Femmes assure la mise en œuvre du Programme de transports publics sécuritaires pour les femmes et les enfants en partenariat avec la Fondation Ginigoada, les autorités de la circulation routière et la Commission nationale du district de la capitale sur la période de 2015 à 2017. Cette initiative bénéficie du soutien du Gouvernement australien et du Comité national australien pour ONU Femmes. Le programme a pour objectif d’améliorer les infrastructures liées aux transports en prenant en compte les questions de genre, avec l’inclusion d’installations adéquates aux arrêts de bus dont la mise en place sera facilitée grâce à des règlementations et des allocations budgétaires publiques qui appuient les efforts déployés pour mettre un terme au harcèlement sexuel dans les lieux publics, et assurent l’accès des femmes à un plus grand nombre d’opportunités économiques. Dans le cadre de ce programme, le personnel des autorités des transports publics et les conducteurs de bus sont également formés à prévenir la violence à l’égard des femmes à bord des transports publics ; une campagne, « SANAP WANTAIM » (STAND TOGETHER) (RESTONS SOUDÉS), a en outre été lancée afin de sensibiliser les hommes, les femmes et plus particulièrement les jeunes à cette question.

Patricia*, une collégienne de 14 ans, a pris le bus avec nous et nous a expliqué pourquoi il était impératif de mettre en place de telles mesures : « Je pense qu’il devrait y avoir davantage de programmes de sensibilisation dans les écoles sur le harcèlement sexuel – surtout dans les écoles primaires – pour que les jeunes garçons apprennent à respecter les filles. Les parents devraient apprendre à leurs fils à être de meilleurs citoyens ».

« Nous devons nous joindre aux femmes et aux filles et soutenir leur droit à faire de Port Moresby une ville qui est aussi la leur, une ville où elles peuvent se promener, faire les boutiques, prendre le bus, aller à l’école, travailler et profiter d’une vie tranquille. Quand la ville ne sera plus dangereuse pour les femmes et les filles, elle sera sûre pour tout le monde », a déclaré M. Jeffrey Buchanan, Directeur pays de la Papouasie-Nouvelle-Guinée pour ONU Femmes. 

Le prénom de la personne interrogée a été modifié pour protéger la confidentialité de son identité.

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